Nathalie Pédestarres Nathalie Pédestarres

L’expérience du Rastro

Categories: Art & culture, Shopping 13 octobre 2016

L’un des grands classiques de la découverte de Madrid : la promenade dominicale au marché aux puces du Rastro.

Plus qu’une simple sortie shopping, la visite du marché aux puces du Rastro est une véritable expérience sociologique ! Il faut fureter dans les ruelles et placettes adjacentes à la Ribera de Curtidores (où se concentrent l’essentiel des stands) pour trouver des brocanteurs du cru et des camelots d’ethnie gitane à la verve fleurie, des boutiques d’un autre temps, des échoppes de stylistes, des antiquaires, des cafés pittoresques… C’est l’une des facettes les plus authentiques de la culture populaire madrilène, à vivre absolument.

On trouve virtuellement de tout au marché du Rastro…

Le marché du Rastro trouverait ses origines vers la fin du XVème siècle, lorsque des ropavejeros (des vendeurs de vieilles hardes) s’installèrent sur ce qui est aujourd’hui la place de Cascorro où, dans le temps, était situé un abattoir. Au fil des siècles, des vendeurs de peaux (qui provenaient de l’abattoir), de chaussures, de quincaille et de comestibles envahirent la Ribera de Curtidores (littéralement « la berge des tanneurs »). C’est dans cette rue que se concentre aujourd’hui, tous les dimanches matin (jusqu’à 14h, on est à l’horaire espagnol !), le marché aux puces, avec ses stands multicolores où l’on trouve virtuellement de tout : des vêtements, de l’artisanat international, des livres, des disques, des accessoires pour la cuisine, de la verroterie…

En manque d’idées pour un cadeau ?

À première vue, le Rastro ressemble à n’importe quel autre marché aux puces que l’on pourrait rencontrer ailleurs qu’à Madrid. Mais il faut justement fureter dans les alentours pour trouver un univers un peu fellinien, avec des personnages truculents comme cette gitane qui vend de la lingerie bon marché sur la place General Vara de Rey et qui s’époumone avec humour : « Culottes à un euro ! Mais comment peux-tu encore te promener cul-nul ? En plus de te faire traiter de garce, la police va te verbaliser de 50 euros ! » La harangue arrache des rires et atteint son but : des clientes potentielles s’approchent du stand…

Sur la place General Vara de Rey, on trouve de nombreux antiquaires, mais aussi des brocanteurs pittoresques.

Vieux scooters, vélos, chaises dépareillées… et jusqu’à des couvercles cabossés en fer-blanc ou des élastiques à l’unité !

Instant de vie habituel sur cette place, mais aussi dans la rue Carlos Arniches, où se rassemblent des brocanteurs atypiques qui déversent tout un bric-à-brac impossible sur une nappe à même le sol ; des rebuts de greniers qui font pourtant les délices des amateurs de vieilleries. Un jeune homme embrasse avec émotion un DVD qu’il cherchait, à l’évidence, depuis longtemps : « jamais je n’aurais pensé le trouver ici ! », dit-il à sa compagne. De bonnes maisons d’antiquaires se trouvent aussi tout le long de la Ribera de Curtidores, dans des patios comme Nuevas Galerías (au numéro 12) ou Galerías Piquer (numéro 29), un paradis pour les amateurs de meubles et bibelots de style rétro. L’engouement pour le vintage a aussi attiré des boutiques plus contemporaines, mais qui se spécialisent dans le style rétro comme IKB 191 (ameublement) ou Remember (vêtements féminins) ou encore La Turmix (décoration intérieure).

Nuevas Galerías accueille des boutiques d’antiquaires dans un joli patio.

La boutique Remember vend de l’habillement féminin inspiré des années 1920 jusqu’aux années 1950.

Enfin, la visite du Rastro se doit de culminer avec l’apéro du dimanche : une bière bien fraîche et des « papas con boquerones » (anchois frais sur chips de pommes de terre), par exemple, pour se mettre dans l’ambiance locale et en appétit. Les bars, ce n’est pas ça qui manque dans le quartier ! Il y a, bien sûr, l’archi connu (et d’ailleurs toujours bondé) Casa Amadeo (au numéro 18 de la Plaza Cascorro) célébre pour ses escargots. À la Taberna La Concha (Cava Baja, 7), on pourra déguster le « cóctel de vermú Manuela » (le vermouth, un incontournable de l’apéro madrilène), selon la recette de la maison. Personnellement, j’aime aller au Mercado de La Ribera (Ribera de Curtidores, 26), un gastro-marché qui compte 26 stands où déguster de la bonne charcuterie, des fromages, une bonne sélection de vins et de bières artisanales, mais aussi des spécialités culinaires de toute l’Espagne. À ne pas manquer non plus, le café La Tournée, à l’intérieur du théâtre La Latina (Plaza de la Cebada, 2), dont le décor et la carte de tapas sont inspirés de l’univers littéraire espagnol.

Le salon du café La Tournée, à l’intérieur du théâtre de La Latina, sur la place de La Cebada

Intérieur du Marché La Ribera

 

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