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Le Rastro : classique, rétro et vintage

Catégorie: Shopping 27 février 2013

Eugenia Maleo et Sonia Rodríguez dans leur boutique, La Europea.

Les Madrilènes ont pour coutume de dire que s’ils ne trouvent pas une chose au Rastro c’est parce qu’elle n’existe pas. Fouinez un peu, ça ne serait pas la première fois que quelqu’un déniche une petite merveille ou une œuvre d’art inestimable entre la ferraille et les meubles usés. Aujourd’hui, je l’ai visité exprès pour vous et tous les objets que je vais vous montrer sont de très bonne qualité.. 

Premier arrêt : La Europea. Il y a 8 ans de cela, quand Eugenia Maleo et Sonia Rodríguez ont ouvert leur boutique sur la Plaza de Vara del Rey, le mot vintage n’avait pas encore sa place dans les rues de Madrid. Ces deux femmes, qui ont fait carrière dans le monde de la mode, de la décoration et du design, ont introduit dans le quartier de La Latina un style tantôt français, avec leurs buffets et leurs consoles décapés, tantôt nordique, avec leurs meubles de bureau. Ici, vous trouverez d’incroyables tables en bois qui ont passé plus d’un été sous le soleil de Provence et des lampes articulées fruits de l’imagination d’un designer méticuleux des rives de la Baltique. Les expressions « boutique de meubles » et « magasin de décoration » ne sauraient définir cet espace particulier dans lequel les objets, comme l’explique Eugenia, « s’aiment en dépit de leur provenance diverse », et créent une ambiance familiale : vous vous sentirez comme chez un vieil ami. De temps en temps, Sonia et Eugenia mettent le cap vers le nord à bord de leur van, pour le charger d’objets soignés qu’elles achètent dans des salons et auprès d’antiquaires de toute l’Europe, avant de revenir à leur boutique de la Plaza de Vara del Rey qui, selon leurs dires, leur « plaît parce qu’elle est si paisible qu’on se croirait dans un village ».

Carlos López dans son magasin L.A. Studio.

Si La Europea est la quintessence du vieux continent, L.A. Studio, notre prochaine halte, a quelque chose de futuriste. Ce garage de 700 m2 abrite des lampes, des canapés, des fauteuils, des tables, des chaises et des miroirs qui illustrent l’histoire du design à travers des pièces des années 1940, 1950 et 1960, principalement. À la tête de cet immense catalogue se trouve Carlos López, fils et petit-fils d’antiquaires, qui m’explique comment les affaires ont changé depuis trois générations : « mes grands-parents sont venus de Zamora en 1942 et ont ouvert un magasin dans la Calle Mira el Río Baja, où ils vendaient des antiquités des XVIe et XVIIe siècles. Mes parents se sont eux spécialisés dans les meubles français du XVIIIe et XIXe siècles dans leurs galeries de la Calle Colón et de la Calle María de Molina. Pour ma part, je suis revenu au Rastro, mais pour récupérer le design du XXe siècle ». 90 % des articles de L.A. Studio viennent de l’étranger, comme ces lampes en laiton en forme de palmier qui ornaient autrefois l’entrée du casino de Nice. Entre des paravents et un meuble bar rétro, il est facile de tomber sur des réalisateurs de séries télévisées et des cinéastes de renom en quête d’inspiration, comme Pedro Almodóvar, qui a trouver ici des accessoires pour ses films Étreintes brisées et La piel que habito.

Félix Malfeito dans sa galerie Tabla y Lienzo Antigüedades.

Les curieux viennent y chercher des images, des fossiles, des animaux empaillés, des premières éditions d’ouvrages en tout genre, des médailles de guerre, des bijoux, de vieux jouets ou des peintures. On trouve presque de tout au Rastro, mais dans ce bric-à-brac il est parfois difficile de dénicher des objets véritablement intéressants. Pourtant, chez Tabla y Lienzo Antigüedades, notre terminus, l’excellence est de mise. Cela fait 25 ans que son propriétaire, Félix Malfeito, tient boutique au marché Puerta de Toledo. Passionné d’œuvres d’art, il a un flair spécial pour les peintures de grande valeur. Il expose ces trouvailles dans sa galerie, aux côtés de meubles sublimes riches d’une longue histoire. Ces murs ont vu passer des toiles de Pinazo, Alenza, Sorolla et même un tableau attribué à Murillo. C’est dans ce musée secret, débordant de trésors et de surprises, que se termine mon post du jour. Sachez que les magasins du Rastro sont aussi ouverts en semaine et que, en plus de ces quelques bonnes adresses, le quartier possède des brocantes, des antiquaires et des galeries pour tous les goûts. Si vous avez apprécié cette promenade, n’hésitez pas à visiter également les fameuses Galerías Piquer et les Nuevas Galerías, deux galeries situées dans des cours pittoresques de la Calle Ribera de Curtidores.

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