Ignacio Vleming Ignacio Vleming

Jardins secrets

Categories: Art & culture 15 avril 2013

Jardin du Prince d’Anglona

C’est dans les potagers urbains, les domaines agricoles et les jardins verticaux que le printemps se fait le plus sentir. Je vous propose de découvrir certains lieux incontournables si vous pensez venir à Madrid au cours des prochains mois.

Les jardins de nombreux palais de Madrid sont aujourd’hui cachés dans des cours, au cœur des îlots d’habitation. À tel point que le public qui visite le Musée du Romantisme est très agréablement surpris quand il découvre le véritable jardin d’Éden adjacent à la cafeteria. Datant lui aussi du XVIIIe siècle, le Jardin du Prince d’Anglona est l’endroit où l’on ressent le plus le printemps dans le quartier de La Latina, grâce à ses plantes grimpantes et aux roses qui s’y épanouissent en mai. Vous éprouverez la même sensation quand vous pénétrerez dans le jardin andalou de la Maison-musée de Joaquín Sorolla, peinte à maintes reprises par l’artiste, avec sa façade ornée de géraniums et de giroflées. Le ruissellement paisible de ses fontaines couvre le bruit des voitures. Il est difficile de croire que de l’autre côté du mur de brique s’étend l’Avenida del General Martínez Campos.

Cette promenade est jalonnée de vergers, pour le plus grand plaisir des citadins en mal de nature. Il en existe deux à voir absolument : le jardin de la Maison-musée Lope de Vega, que l’auteur a qualifié de « petit potager » et Esta es una plaza, un terrain de la Calle Doctor Fourquet réaménagé par les riverains du quartier de Lavapiés pour cultiver des tomates, des bettes, des aubergines et des courgettes. On a tendance à oublier que certaines places et rues de Madrid jouaient autrefois le même rôle. D’où le nom de la Calle Huertas (ou rue des potagers), qui traverse le Quartier des Lettres et le Huerto de las Monjas (ou potager des religieuses), un jardin situé au nº7 de la Calle Sacramento, dans le Madrid de los Austrias (Madrid de la Maison d’Autriche). De même, le verger des religieuses de l’ordre des « Comendadoras » était situé sur la place qui porte aujourd’hui son nom.

Verger de la Maison Musée Lope de Vega

Mis à part ces petits vergers nichés entre les bâtiments, on trouve encore à l’écart du centre certains domaines historiques. Les maisons de campagne du Duc d’Arco, dans le Monte del Pardo, et de Los Molinos, sur la route de Barcelone, ou encore la Huerta de la Partida, dans la Casa de Campo, sont d’anciennes exploitations agricoles parsemées d’arbres fruitiers qui sont à l’apogée de leur splendeur ces mois-ci. Cette liste ne serait pas complète sans l’Olivar de Castillejo, une oasis proche du Stade Santiago Bernabéu qui n’ouvre ses portes qu’à l’occasion de présentations de livres, de concerts et d’autres événements culturels.

Pour découvrir d’autres secrets, il faut se tourner vers le ciel. À l’angle de certains bâtiments, on peut contempler des jardins suspendus, comme celui du CaixaForum, ou celui de la cour de l’Hôtel Mercure  de la Plaza de Santo Domingo, l’un des plus grands du monde. Tout aussi difficiles à trouver sont le jardin de la terrasse de La Casa Encendida et l’Avan Garden d’Intermediæ, situés dans les interstices la ville. C’est-à-dire dans des lieux où la végétation ne pousse habituellement pas : le toit-terrasse d’un bâtiment, dans le cas du premier, et l’espace étroit ménagé entre les hangars du Matadero et le mur d’enceinte, dans le cas du second. Dans ces derniers, qui sont d’ailleurs des jardins durables, on organise des cours d’horticulture et des ateliers d’entretien.

Jardín Vertical de CaixaForum

Une suggestion : même s’ils sont petits, cela vaut la peine de les parcourir pas à pas. Emmenez un livre, un journal, un cahier à dessins ou un appareil photo. Une fois là-bas, vous voudrez certainement passer un moment à profiter du calme et de la beauté de ces jardins secrets.

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