Nathalie Pédestarres Nathalie Pédestarres

Les mille et une nuits madrilènes

Categories: Divertissement 20 février 2017

Concert de Luke-Winslow-King au Changó

De l’happy à l’after-hour, la nuit madrilène ne se couche jamais ! La capitale est réputée pour son légendaire esprit festif et son intense vie noctambule, suffisamment éclectique pour satisfaire tous les goûts : des rues de la soif étudiantes aux bars à vins plus tranquilles, en passant par les macro-discothèques techno, les clubs LGBT, les cafés-concerts, les bars à cocktails feutrés, les boîtes aux rythmes latinos, les cafés-antiquaires… À Madrid, la nuit, tous les « chats » (surnom donné aux Madrilènes) sont gris, et pour cause.

La nuit, à Madrid, commence rarement avant 23 heures et finit… quand le corps demande la trêve !

Le triangle formé par les places Puerta del Sol, Callao et Ópera est la zone de ralliement d’une population jeune, fêtarde et noctambule, d’étudiants Erasmus et de touristes qui ne veulent pas manquer de vivre la fameuse nuit madrilène durant leur séjour dans la capitale. Cette zone concentre une variété surprenante de bars à vins, de bars musicaux et de discothèques phosphorescentes. Les Madrilènes ont d’ailleurs l’habitude de commencer la soirée en papillonnant de bar en bar, prenant un verre ici pour le décor, un autre là-bas pour les tapas, un autre encore pour y rejoindre des amis, parce qu’il y a de la bonne musique, etc… Ceux qui sont partis pour faire nuit blanche attendent 23 heures, heure d’ouverture des boîtes et afters, pour prolonger la nuit en dansant. Kapital et Joy Eslava sont connues pour leurs macro-fiestas étudiantes et, en général, pour leur offre destinée à une clientèle fraichement sortie de l’adolescence. La Sala Son et le bar cubain La Negra Tomasa sont fréquentés par les fans de salsa et autres rythmes latinos, tandis que Ochoymedio et surtout le nouveau Independance Club (installé dans l’ancien Palacio de la Prensa, sur la place Callao) sont très populaires parmi les fans de musique indie. L’Independance Club organise régulièrement des soirées thématiques autour des tendances musicales des années 1980 et 1990. Ses propriétaires ont d’ailleurs rouvert une légende de la fameuse Movida madrilène, le Rock-Ola, qui, avec d’autres  »institutions » historiques tels que la Sala Sol, dans la rue Jardines et le Penta Bar, dans la rue de La Palma, ont vu éclore des groupes comme Nacha Pop, Alaska y los Pegamoides ou encore Los Secretos.

Soirée swing au club Ya’sta, proche de la place de Callao

Studio 54Gabana 1800 ou El Principito (une très belle salle de théâtre d’époque, toute en moulures dorées et tentures de velours cramoisies) sont parmi les clubs les plus branchés de la capitale, lieux un tantinet sélectifs où se réunit l’élite artistique et mondaine du moment et où mixent les DJs en vogue.  Certaines célébrités se laissent voir aussi dans les nouveaux bars de cocktails de la capitale, dont le Salmón Gurú où officie un maître dans l’art de créer des breuvages surréalistes : Diego Cabrera. Ce sympathique argentin a véritablement révolutionné le concept de la cocktailerie madrilène avec une décoration d’auteur spectaculaire et une orientation délibérément gastronomique. S’il y a un bar à cocktails à recommander à Madrid, c’est bien le Salmón Gurú, sans pour autant ôter le mérite à d’autres, tels que le Glass Bar de l’Hotel Urban, avec son ambiance translucide de style scandinave, ou encore le Dry Cosmopolitan Bar, plus classique avec ses boiseries fines et ses chromes rutilants, situé dans l’Hotel Gran Melià Fenix.

Performance de la conteuse Victoria Siedlecki au Café Berlín

Madrid recèle aussi des cafés-concerts vraiment sympas et conviviaux où l’on peut découvrir, en direct et parfois gratuitement, d’excellents groupes musicaux et artistes madrilènes peu connus à l’extérieur : concerts de jazz cabaret ou de jazz-fusion au Café Populart, à la salle Clamores, à La Coquette, au Bogui Jazz, au Galileo-galilei, au Café Central ou encore au Café Berlin. Ces deux derniers avaient bien failli fermer, mais l’affection de leurs habitués ont forcé le sauvetage et c’est tant mieux ! À Malasaña, on trouve aussi de curieux bars improvisés dans des boutiques de déco et d’antiquités, comme le KikeKeller ou le « bar-musée » de la Movida : Madrid me Mata.

Posters annonçant les soirées dans les principales boîtes gays de Chueca

Chueca et maintenant Lavapiés sont les territoires de la nuit LGBT à Madrid. Les petits troquets ultra popus, à l’ambiance surannée, témoins des origines humbles de ces deux quartiers, côtoient les bars et les clubs qui arborent l’étendard arc-en-ciel. Il y a des spectacles réputés de drag-queens aux Que Trabaje Rita, Delirio, LL ou La Boîte et des soirées thématiques tous les week-ends dans les boîtes comme le Strong, Bearbie, Sala Wind, Pirandello II ou Sala Cool ou, pour un public plus exclusivement féminin, Truco et Fulanita de Tal. Le quartier de Lavapiés s’est fait une réputation parmi le public lesbien avec l’ouverture d’établissements comme le Bar La 80, le Rincón Guay et le Club 33.

 

 

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